L’immuno-oncologie : une recherche perpétuelle

L’immuno-oncologie : une recherche perpétuelle    

Découvrez comment nous tentons de comprendre pourquoi certaines personnes répondent mieux que d’autres à l’immunothérapie.

02/06/17

M

algré les progrès accomplis, moins de 50 pour cent des patients répondent aux traitements d'immunothérapie, en fonction de la population à laquelle ils appartiennent et des types de cancers concernés. Cette statistique soulève naturellement la question suivante : pourquoi certaines personnes répondent-elles à l’immunothérapie et d’autres pas ?

En s’appuyant sur les connaissances acquises au cours de près de 20 ans de recherches dans le domaine des immunothérapies, les scientifiques de Bristol-Myers Squibb tentent de trouver la réponse à cette question à une cadence accélérée grâce à des technologies de pointe. Ils cherchent à comprendre la biologie du cancer et le fonctionnement du système immunitaire au niveau cellulaire en analysant d’énormes quantités de données génomiques provenant de banques de données tumorales et d’essais cliniques, et à l’aide de biomarqueurs et de diagnostics associés pour prendre des décisions plus rapides.

 

Nils Lonberg

Nils Lonberg

Qu’il s’agisse de découvertes biologiques ou de science translationnelle, les experts en I-O de Bristol-Myers Squibb tentent en permanence de découvrir, élaborer et concevoir la nouvelle génération d’immunothérapies. 

La première étape consiste à comprendre le plus précisément possible la biologie du cancer et le fonctionnement du système immunitaire humain. Selon Nils Lonberg, vice-président directeur du service Découverte biologie oncologie, trois mécanismes biologiques affectent les capacités du cancer à échapper à toute détection et à proliférer de manière anarchique :

  1. Les cellules cancéreuses présentent des mutations qui peuvent être exprimées ou pas. Les cellules cancéreuses sont inconstantes. Elles peuvent produire des néoantigènes, des protéines sur la surface de leurs cellules, pour permettre aux cellules immunitaires de détecter leur présence et de les cibler pour les détruire, ou pas. Sans parler du fait que le nombre de leurs mutations varie en fonction du type de cancer concerné. Les leucémies infantiles, par exemple, sont stimulées par un ensemble limité de mutations que l’on arrive à bien contrôler avec des thérapies ciblées. Mais la plupart des cancers présentent de nombreuses mutations qui les rendent difficiles à cibler et qui leur permettent de proliférer.  
  2. L’équilibre de la réponse inflammatoire du corps est alors perturbé. Avec une réponse inflammatoire saine, les cellules immunitaires répondent aux signaux qui leur sont envoyés en se précipitant pour régler le problème. Cette réaction entraîne une inflammation et un gonflement, un peu comme lorsque l’on s’entaille le doigt, et que celui-ci devient rouge et enfle. Dès que la menace a disparu, les autres signaux demandent à la réponse inflammatoire de s’arrêter pour permettre à la blessure de cicatriser. Un corps en bonne santé maintient un bon équilibre dans les deux sens des voies inflammatoires. Les tumeurs, elles, sont coincées à un point donné de ce cycle, où les signaux d’atténuation inflammatoire bloquent une réponse efficace des cellules T avant que les cellules cancéreuses aient été éliminées. 
  3. Les cellules cancéreuses sont en constante mutation. Comme les bactéries, les cellules cancéreuses font l’objet d’une énorme pression moléculaire. Elles se divisent rapidement et mutent en permanence. Les nouvelles mutations peuvent aider les cellules cancéreuses de différentes manières à échapper à l’attaque des cellules immunitaires, en bloquant par exemple l’infiltration, en se cachant pour ne pas être détectées ou en développant une résistance à des thérapies antérieures en exprimant différentes protéines de surface.

Pour identifier les cibles les plus prometteuses, les scientifiques s’intéressent aux récepteurs protéiniques situés à la surface des cellules immunitaires impliquées dans ces mécanismes biologiques. Bristol-Myers Squibb étudie des douzaines de cibles à différents stades d’investigation. 

Tim Reilly

Tim Reilly

« Nous suivons la science dans la mesure du possible, et nous tentons de définir une cible potentielle en étudiant la maladie,  en examinant les données translationnelles, puis nous formulons des hypothèses que nous testons pour voir ce qui se passe », explique Tim Reilly, vice-président et responsable du service Oncologie précoce. « Nous essayons aussi de comprendre pourquoi quelque chose a marché ou pas, quel que soit le résultat. Comprendre pourquoi quelque chose ne marche pas est bien souvent tout aussi important que de comprendre pourquoi cela a fonctionné ».    

Bruce Car

Bruce Car

Le processus de recueil des contributions comprend l'examen des publications, la consultation du Cancer Genome Atlas—une très vaste base de données publique qui comporte des diagrammes multidimensionnels des mutations génomiques de 33 types de cancer—et l'analyse des ensembles de données génomiques de patients participant à des essais cliniques. « Nous recherchons des cibles qui sont fortement exprimées dans les types de tumeurs qui présentent une incidence plus élevée et un besoin médical plus important », précise Bruce Car, vice-président et responsable du service de Sciences translationnelles.    


David Feltquate

David Feltquate

Anil Kapur

Anil Kapur

Steven Averbuch

Steven Averbuch


Contenu similaire    

Thomas Lynch

Faisons avancer ensemble la recherche translationnelle sur le cancer    

La collaboration pourrait être la solution pour rechercher et trouver la nouvelle génération de composés I-O    

Appliquer les leçons du passé    

Le responsable du service de Développement oncologique, Fouad Namouni, examine l’évolution de la recherche sur le cancer et les enseignements que l’on peut tirer du passé.